- par Gert-Peter BRUCH -
- Hulk fait de la capoeira -Mais assez parlé du passé, retour en 2008 et au film de Louis LETERRIER. Après Le Transporteur 1 & 2, ce français de 35 ans, issu de l’écurie de Luc BESSON, poursuit son petit bonhomme de chemin sur les pavés étoilés de Hollywood. S’il était censé faire mieux que Ang LEE alors disons le tout de go, il remporte le pari haut la main. Après un petit résumé sous forme de générique, qui permet habilement de se familiariser avec les nouveaux acteurs, on entre tout de suite dans le vif du sujet. Bruce BANNER (Hulk au repos), qui mène une vie de fugitif est parti se perdre dans une favela brésilienne. Entre deux cours de capoeira, un gourou lui apprend à contrôler la douleur et le rythme de son pouls, histoire de ne pas réveiller de façon impromptue le monstre qui sommeille en lui. Dès le début, la présence de l’excellent Edward Norton, réussit l’incroyable. En se disant qu’un acteur de ce calibre a accepté de se lancer dans pareille aventure, on a envie de s’y lancer aussi. La suite est toute aussi rassurante. Le script tient debout, le rythme est bon (une première course poursuite dans la favela très réussie), le casting est réussit, mais on redoute pourtant toujours le pire car le premier rôle n’est pas encore à l’écran. Quelle tronche ont-ils cette fois-ci donné à ce bon vieux Hulk. Vais-je de nouveau me tordre de rire à son apparition ? - Le nouveau visage de Hulk -Eh bien non, point du tout. Certes, Hulk, qui subit sa première métamorphose dans une usine de sodas, est toujours un être de synthèse surdopé, mais cette fois-ci il ne fait pas rire. Les designers ont remis les choses à plat et son apparence (plus inquiétante) est désormais crédible pour tout amateur de comics. Le ratage des effets spéciaux à base d’images de synthèse qui avait contribué à anéantir le précédent film n’est, heureusement là aussi, plus qu’un mauvais souvenir. Hulk est convaincant, ce qui est une gageure lorsqu’on est tout vert, qu’on pèse plusieurs centaines de kilos et qu’on se sert de voitures comme raquette de tennis ! - Les ingrédients du film -Mais le film n’est pas qu’une succession de combats apocalyptiques. La trame en est intéressante, encore faut-il être, je l’avoue, amateur du genre. Bruce BANNER cherche inlassablement un antidote pour cesser de risquer de se transformer à tout moment et de détruire la moitié de la ville. Il envoie donc un échantillon de son sang à un professeur américain pour analyse. Entre temps, et pour une raison que je ne dévoilerai pas, il est repéré par son ennemi juré, le général Thaddeus ROSS (alias « Ross la foudre », tout un programme !), père de sa dulcinée, restée sans nouvelle de lui depuis sa fuite. Ce haut gradé moustachu implacable (interprété par William Hurt) envoie à ses trousses une véritable armada suréquipée et menée par un surprenant Tim ROTH, alias Emil Blonsky, mercenaire forcené. Sans vous dévoiler l’intrigue, je vous dirais seulement que du Brésil aux Etats-Unis, en passant par le Guatemala, le Mexique et la Colombie Britannique, le film vous tiendra en haleine tout du long. Quant aux effets spéciaux, vous ne serez pas déçu, ils sont très réussis (exemple : la spectaculaire attaque de Hulk par des soldats armés de canons soniques surpuissants). Le film fait parfois preuve d’une sauvagerie… réjouissante, qui ne dépasse jamais les limites de l’acceptable ou du gratuit. Bref, on en redemande. Heureusement, les studios Marvel nous gratifient de pas moins de trois transformations Banner/Hulk, avec une montée en puissance progressive et un adversaire digne de ce nom pour la dernière partie du film (je ne vous en dirai pas plus sur cette Abomination que les lecteurs connaissent bien). - Opération coup de poing réussie -Avec L’Incroyable Hulk, Marvel a redressé la barre et réussi à rattraper son énorme bourde. Chapeau. Voici enfin le film jouissif que l’on attendait, dans la lignée du très réussi Iron-Man (il y a d’ailleurs une petite surprise dans le film à ce sujet, chut….). Et histoire de ne pas en faire qu’un film de bourrin (ce qu’il est, mais de façon assumée), les producteurs ont su distiller les petites touches d’humour et les clins d’œil, ce qui rajoute encore au plaisir ressenti. Ainsi, Edward Norton utilise-t-il un antivirus de chez… Norton lorsqu’il se connecte pour dialoguer avec un interlocuteur secret. Ainsi retrouve-t-on Bill BIXBY sur un écran de télé et Lou FERRIGNO en pleine forme dans le rôle d’un gardien de labo (il fait aussi le doublage du Hulk synthétique). Sans oublier la désormais traditionnelle apparition de Stan LEE, toujours fringant malgré ses 85 printemps. Après cet enchaînement de louanges mérité, je poserai toutefois un petit bémol à cette partition réussie. Seule l’idylle entre Betty ROSS (Liv TYLER) et Bruce BANNER/HULK, énième transposition cinématographique de la Belle et la Bête pourrait éventuellement être discutable (quelques petites longueurs), mais elle est indissociable d’une adaptation fidèle de la bande-dessinnée. Soyons magnanime, redondance assumée, à moitié pardonnée, car le Hulk bienveillant, protégeant Betty ROSS de la pluie dans le creux d’une grotte, à tout du King KONG de Peter Jackson. Et puis Liv TYLER, ex-princesse elfe du Seigneur des Anneaux, est là pour nous rappeler que sous ce corps de brute épaisse dort un bibendum au coeur de chamallow, qui n'attend que ses beaux yeux pour se dévoiler au grand jour
Site officiel du film (en anglais): http://incrediblehulk.marvel.com/
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