- par Gert-Peter BRUCH -
- On oublie tout et on recommenCE -Je me suis rendu à la projection de L’Incroyable Hulk un petit rire sardonique au coin des lèvres. Vous aurez compris que je m’attendais au pire du pire et ceci était plutôt légitime tant le premier film était ridicule. Le défi des Studios Marvel-Universal était donc gonflé et pour le moins risqué : tenter de faire oublier le film précédent tout en acceptant d’en faire une suite, histoire de ne pas revenir complètement à zéro. Le procédé est d’autant plus étrange que tous les acteurs principaux du premier film ont été remplacés. Exit Eric Bana, Jennifer Connelly, Sam Elliott ou Nick Nolte et, meilleure nouvelle encore, exit le Géant Vert de synthèse au design douteux. Ce dernier est sans doute retourné à son rôle de mascotte d’une société de production de maïs concurrente de Bonduelle. - D’où viens-tu « Hulkie » ? -Hulk est un personnage culte a plus d’un titre. Il est issu des crayons du légendaire Jack (« king ») KIRBY et de l’imagination de l’immense Stan LEE, dieu vivant de tout amateur de comics Marvel qui, à l’opposé de son dessinateur fétiche, a vécu assez longtemps pour voir ses créations se matérialiser au cinéma, dans des productions dignes de ce nom (par pitié, oublions les exaspérantes tentatives des années 1970 et 1980). Cela se passe en 1962, quelques mois après la publication du premier épisode des Quatre Fantastiques dont le succès fulgurant vient de changer la face de la bande dessinée américaine. Hull, qui est gris pour quelques numéros, est donc le second personnage (si l’on considère les 4 Fantastiques comme une entité propre) à sortir de la fameuse « boîte à idées », peu de temps avant Spider-Man, Iron-Man et tous les autres. Mais le succès n’est d’abord pas au rendez-vous. Stan Lee prend alors des mesures radicales : le personnage perd sa revue et en rejoint une autre, qui compile plusieurs histoires courtes, et surtout il devient vert. La sauce prend alors, numéro après numéro, et le succès ne se démentira désormais plus, jusqu’au récent World War Hulk, dernier cross-over en date des éditions Marvel (encore disponible dans tout bon kiosque à journaux). Hulk est devenu culte. - Du petit au grand écran -Pour le grand public, peu amateur de revues cheap au mauvais papier, le personnage hideux mais attachant de Hulk devient culte dans les années 1970 et 1980, par le biais d’une mémorable série télé, avec le regretté Bill BIXBY et Lou FERRIGNO, copain de sport d’Arnold (oui, oui, le « Gouvernator »). Hulk est alors fait de chair et de muscles, même si ses dialogues se limitent à ses inoubliables grognements, qu’il produit à chaque épisode en gonflant son dos et tendant ses immenses pectoraux. Lou Ferrigno est alors indissociable du fameux personnage de BD et ceci bien longtemps après l’arrêt de la série (en 1982). Ceci pausera d’ailleurs un dilemme aux studios chargés de transposer la série à succès en film, au début des années 2000. Trouver un remplaçant au charismatique italo-américain semblant à priori impossible, ils optent alors pour un Hulk en images de synthèse, ne serait-ce que pour lui donner enfin sa taille véritable (le « monstre » fait plus de 3 mètres) et une musculature au-delà de toutes possibilité humaine. La suite on la connaît. Un véritable massacre. Certes Hulk est censé tout casser, mais de là à réduire en miettes son propre film…
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