- par Frédéric VIAUX -
*** Bande Annonce - LE DÉJEUNER DU 15 AOÛT - en salle le 11/03/2009
un film de GIANNI DI GREGORIO
- week-end à rome -Gianni, la cinquantaine un peu indolente, amateur de petits verres de blanc en terrasse ou en cuisine, vit avec sa maman, une poupée Barbie du troisième âge, mamie-momie fardée et permanentée, dans un appartement romain. N’ayant pas payé leurs charges de copropriété depuis belle lurette, mère et fils reçoivent la visite du syndic d’immeuble, Alfonso, qui leur propose un arrangement pour réduire leurs dettes : garder sa mère durant le week-end du 15 août, pour lui permettre de partir en goguette… Une proposition qui ne se refuse pas, malgré le dérangement occasionné. Le jour J, Gianni voit donc débarquer la maman d’Alfonso, mais aussi sa tante… Et quelques heures plus tard, c’est un ami médecin qui va lui demander le même genre de service. Gianni se retrouve ainsi aux petits soins de quatre petites vieilles qui, après un round d’observation, vont s’entendre comme larrons en foire et insister pour déjeuner ensemble le jour du 15 août. - après gomorra -Le Déjeuner Du 15 Aoüt est le premier film de Gianni Di Gregorio, qui s’était distingué jusqu’à présent comme scénariste ou assistant réalisateur. Il a notamment co-écrit le scénario du très rude Gomorra, de Matteo Garrone. Avec ce déjeuner, comédie tranquille, l’apprenti réalisateur a donc opéré un virage à 180 degrés. Le début de son film est agréable. Il présente ses personnages avec une douce ironie et une tendresse un peu vacharde, tout en évoquant la solitude et le peu de considération dont sont parfois victimes les personnes du troisième âge. On s’amuse des exigences et caprices des mamies, ainsi que du bouleversement des habitudes de Gianni. - joli, propre et pas méchant - Le problème, c’est que le film ne décolle pas vraiment. Au lieu de monter crescendo en drôlerie, il s’installe dans une sorte de torpeur. Ce qui s’annonçait pétillant se révèle relativement atone. La faconde italienne est à peine au rendez-vous. Autant dire que l’on est loin de certaines comédies d’antan, enlevées et drôlement méchantes. Si l’on sourit quelquefois, poliment, on ne rit jamais franchement. Les seuls ressorts comiques, sous-exploités, reposent sur les personnalités des petites vieilles (jouées par des actrices non professionnelles) et le caractère « corruptible » de Gianni. Mais à l’exubérance, le réalisateur a préféré un réalisme social assez convenu, gentiment cynique, et au foisonnement narratif, une trame minimaliste, pour ne pas dire mince, dans laquelle on finit par s’ennuyer mollement, au point de trouver un peu long ce court film d’1 h 15… - les affiches sont parfois trompeuses - Esthétiquement, on est également un peu déçu. Autant l’affiche du film est gaie et colorée, autant les images sont fades. Seule une petite balade en Vespa dans les rues désertes de la capitale, à la façon de Nanni Moretti dans Journal intime, vient rompre la grisaille visuelle. Ce type de scène est d’ailleurs presque devenu un cliché du cinéma italien. Ça ne coûte pas cher à tourner et ça fait toujours joli. Bref, Le Déjeuner du 15 Août est un petit long métrage certes sympathique, mais « survendu » par son affiche, qui nous met en appétit et nous laisse sur notre faim ![]() - L’acteur, scénariste et réalisateur
©CULTURCLUB.COM - Toute reproduction strictement interdite sans accord
|
|



