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KLAATU IS BACK!

 

 

-Le Jour Où La Terre S'Arrêta
Twentieth Century Fox - 1h42

De Scott Derrickson. Avec Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates, John Cleese, Jaden Smith......

Lorsque les grands studios hollywoodiens revisitent les classiques de l’âge d’or du cinéma, on ne peut que se trouver sur la défensive. Le cinéma fantastique n’échappe pas à cette boulimie de «remakes» et après celui absolument catastrophique de La Guerre Des Mondes façon Spielberg, que donne cette nouvelle adaptation du classique de Robert Wise ? Réponse sans tarder, car l’invasion extra-terrestre menace.

en salle le 10/12/2008
>> accueil

- par Gert-Peter BRUCH -

 

- gros plan sur l’original - 

Avec La Guerre Des Mondes (Byron Haskin, 1953) et Planète Interdite (Fred McLeod Wilcox, 1956), Le Jour Où La Terre S’Arrêta, réalisé en 1951, c'est-à-dire il y a presque 60 ans, par le cinéaste américain Robert Wise, est l’un des grands classique du film de science-fiction. Certes, le film, tourné en noir et blanc, a visuellement vieilli et les effets spéciaux d’alors, pourtant révolutionnaires en leur temps, prêtent aujourd’hui à sourire, mais l’œuvre de Wise conserve tout de même une force implacable et son concept, quasiment visionnaire en ce début des années 1950, reste quant à lui plus que jamais d’actualité.

En cette période de début de guerre froide, la tension est extrême et les américains voient des OVNI partout. Les films représentent alors les extra-terrestres comme des êtres hideux et forcément menaçant, venus nous assouvir ou nous détruire pour conquérir la Terre. Le Jour Où La Terre S’Arrêta fait preuve d’une grande finesse en se démarquant notablement de cette trajectoire attendue et dépeint l’arrivée d’êtres pacifiques venus offrir leur savoir à des humains qui s’avèrent trop belliqueux et trop peu sages pour le recevoir. L’autre originalité de ce film fut de représenter le présumé « envahisseur », Klaatu, sous les traits humains de l’acteur Michael Rennie, ce qui dénotait totalement des bestioles caoutchouteuses des films concurrents de l’époque. Il n’en était pas moins inquiétant et imposant, bien au contraire. Le personnage de Klaatu ainsi que son terrifiant protecteur, le robot Gort, sont depuis des mythes du cinéma.

- 58 ans plus tard… - 

Retour en 2008. Pour le remake du classique de Wise, la mythique Twentieth Century Fox a vu les choses en grand. Aux commandes de cette superproduction à gros budget, un jeune réalisateur, Scott Derrickson, dont ce n’est que le second film, après L’Exorcisme D’Emily Rose (il est également scénariste et a co-écrit le remake en préparation du film Les Oiseaux).

Côté casting, le premier rôle, celui de l’extra-terrestre Klaatu, revient à un Keeanu Reeves en top forme, décidément habitué aux rôles de gourous messianiques. Auprès de «Neo», on retrouve quelques connaissances telles que Jennifer Connelly (récemment aperçue dans l’excellent Blood Diamond) ou John Cleese des Monthy Python et aussi un petit jeune de 9 ans qui monte, qui monte : Jaden Smith, fils d’un acteur célèbre, qui (coïncidence ?) fut lui-même le héros d’un film impliquant des extra-terrestres (très méchants ceux-ci). Vous aurez compris qu’il s’agissait de Will Smith et du film Independance Day.

- une transposition respectueuse
et intelligemment innovante -

Que les amateurs de la version originale de 1951 se rassurent, le film est réussi. Non seulement les effets spéciaux sont superbes, mais, bien plus essentiel, ce remake respecte tout à fait l’esprit de son imposant prédécesseur, sans en être une pâle copie. Les différences scénaristiques, intéressantes, n’altèrent en rien la trame qui reste passionnante. L’action se situe désormais au cœur de New York, en lieu et place de Washington, et la soucoupe est remplacée par une immense sphère d’énergie très ésotérique. Quant au fameux robot Gort, dont on attendait impatiemment le retour, il a conservé son apparence originelle, mais les spécialistes en effets spéciaux qui se sont penchés sur son cas, l’ont doté d’une majesté et d’une puissance sans égale. Du haut de ses 8m50, il contemple les pauvres fourmis humaines qui ont osé le défier. Ceux qui riaient en le voyant dans la version de 1951 ne riront plus ! On aurait d’ailleurs aimé le voir un plus en action tant il est réussi.

Voilà un film qui a l’intelligence, alors que la technologie d’aujourd’hui le lui permet pourtant, de ne pas abuser de poudre aux yeux. Les instigateurs de cet ambitieux projet, qu’ils ont tenu secret jusqu’au tout dernier moment, ont compris qu’il ne fallait pas faire dans la surenchère et c’est tant mieux. Du coup on se concentre sur l’intrigue, très philosophique et sur la très prenante interprétation de Keanu Reeves, qui retrouve ici un rôle de la dimension d’un Matrix, avec quelques super pouvoirs à la clé.

- Peplum futuriste -

En cette période trouble où la laïcité est remise en cause par des «fous de Dieu» de toutes religions confondus, il est un aspect de ce film qui pourra agacer certains : ses références bibliques évidentes. S’il y a un aspect initial que la Twentieth Century Fox a non seulement gardé mais également amplifié dans la version 2008 de The Day The Earth Stood Still (titre original), c’est bien celui-ci.

Klaatu, venu apporter paix et prospérité, est une figure messianique qui oscille de Jésus à Moïse. Jésus car il est venu du ciel et qu’il se sacrifie pour les hommes dont il a pris l’image. Dans la version de 1951, il se mêle d’ailleurs aux humains en prenant le nom de Carpenter, charpentier, se heurte à leur violence et leur haine et ressuscite pour les sauver. Moïse, parce que tout comme lui, Klaatu, déçu que les hommes ne soient pas dignes de ce qu’il est venu leur offrir, se fait l’annonciateur de ce qui ressemble à l’une des 7 plaies d’Egypte (les séquences sont à couper le souffle). Sans oublier toutes les références évidentes à l’Arche de Noé.

Bien heureusement, ce peplum futuriste est à la hauteur d’un Cecil B DeMille, ce qui n’est pas le moindre des compliments. Et puisque que Keanu Reeves sauve encore une fois la planète profitez-en pour vous ruer dans les salles, avant la prochaine invasion12/12/2008

- keanu reeves alias klaatu,
messie venu de l'espace -

 

 

 

 

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