- par Jérôme CASSÉ - - à l'heure du bilan - A 40 ans, le réalisateur Graham Guit se pose des questions. Beaucoup certainement. Mais une seule a retenu son attention au point de lui consacrer un film : "qu’ai-je fait de ma vie et à quoi ressemble-t-elle ?" C’est à partir de cette question existentielle qu’est né Hello Goodbye, quatrième réalisation du cinéaste, la deuxième avec Gérard Depardieu dans le rôle titre (après Le Pacte Du Silence en 2003). Si cette question est censé concerner les individus qui ont passé le cap e la cinquantaine,, elle n’est pas dénuée d’intérêt pour un public plus jeune. La remise en cause peut alors chambouler la vie d’un homme (ou d’une femme) ainsi que celles de tout l’entourage concerné. Hello Goodbye décrit ce genre de situation, sans, malheureusement, la justesse et l’intérêt qu’une œuvre cinématographique pourrait y aporter. - CHAMBOULE TOUT -L’histoire, c’est donc celle de Gisèle et Alain, mariés depuis de nombreuses années, parents d’un fils unique de 27 ans prénommé Nicolas. Lui est gynécologue dans une clinique et gagne très bien sa vie, largement assez pour subvenir aux besoins de sa famille et être l’heureux propriétaire d’un appartement dans le 16è arrondissement de Paris. Elle, est une mère au foyer accomplie, dont la principale activité est de prendre soin de leur fils mais qui se retrouve brutalement désoeuvrée avec le mariage de celui-ci avec une non-juive. Car Alain et Gisèle sont juifs... dumoins Alain l’est par le sang alors que Gisèle s’est convertie quelques années auparavant pour pouvoir l’épouser. Le mariage du fiston va déclencher chez elle l’envie irrépressible de changer de vie. Et puisqu’elle n’a plus rien à faire à Paris, l’idée lui vient d’aller vivre en Israël afin de découvrir la Terre Promise, afin d’y trouver, peut-être, un sens à sa vie. Paradoxalement, Alain n’est pas vraiment motivé par cette expérience et c’est avec dépit qu’il accepte l’aventure. - convenu et deconvenues - La suite de Hello Goodbye est comme le début, vide de sens et peu crédible. Sous couvert de quelques bonnes blagues prévisibles et d’un Gérard Depardieu "comico-pataud", le scénario se veut avant tout drôle. Raté... dumoins si vous n’aimez pas la convenance et la facilité. Fanny Ardant, quant à elle, est exaspérante à murmurer son texte, comme si c’était la seule manière d’insuffler un peu de sensualité à son personnage. Parlons-en de Gisèle, justement, dont la crise mystique ressemble davantage à une crise de folie ou au caprice d’une femme qui tout d’un coup cherche désespérément à s’occuper. Car si, comme voudrait nous le faire croire le réalisateur, elle cherche vraiment un sens à sa vie, le film n’aborde en rien ce sujet. Elle reproduit en Israël un mode de vie tout à fait banal, le luxe parisien en moins. En aucun cas Gisèle ne s’intéresse au fond des choses et principalement à celui de sa religion et de sa signification. Il n’en découle aucune interrogation, ni aucune remise en question, Gisèle se contentant de faire du tourisme en Terre Sainte. Quel intérêt pour l’intrigue et pour le spectateur, que Graham Guit espère combler par les quelques grimaces et pantalonnades de Depardieu ? Hello Goodbye traite de la façon la plus bourgeoise qui soit le sujet de la remise en question, prétexte à une comédie convenue, dont la religion est également un prétexte vide de sens et d’intérêt, dont on se serait bien passé. ![]() - l'arrivee en israel pour une nouvelle vie -
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