-Mesrine L'Instinct De Mort
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| en salle le 19/11/2008 |
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- par Gert-Peter BRUCH -
- un showman derrière les barreaux -
Le retour à la case prison pour Mesrine (Fresnes puis La Santé), dévoile son ego surdimensionné. Il parvient à imposer ses règles face à une machine pourtant implacable. Les geôliers l’appellent « Jacques » avec révérence, il leur donne des injonctions. Le monde à l’envers !
Le bandit a adoré faire la une des journaux et il veut que cela continue. En mars 1977, il déclenche une très vive polémique en parvenant à faire sortir de La Santé le manuscrit de son autobiographie L’Instinct De Mort. Même enfermé, Mesrine continue à narguer la police et les institutions judiciaires. Il devient une sorte d’anti-héros (mais héros quand même), se vante de 40 meurtres mais avoue être un peu mythomane. Cassel est encore une fois à la hauteur de ce Mesrine charmeur, irrésistible, qui devient alors, malgré ses aveux publiés en librairie, l’un des personnages préférés des français.
- Fin de règne -
L’échéance tragique se rapproche pour Cassel / Mesrine, mais le film aura le temps de faire encore l’inventaire de quelques coups d’éclats, du braquage du Casino de Deauville à la couverture de Paris Match. Pris dans une spirale infernale, l’ennemi public N°1 veut jouer son rôle d’empêcheur de tourner en rond au delà des limites du raisonnable (mais ce mot a-t-il jamais fait partie de son vocabulaire). Lorsqu’il choisit d’apparaître, photos à l’appui, dans les pages et sur la couverture de l’hebdomadaire le plus lu de France, alors que tous le recherchent, il ridiculise la police mais aussi le sommet de la pyramide (lors de la scène très réussie, la musique des Clash annonce la révolution punk venue de Londres). Le faire taire à tout prix devient alors une affaire d’Etat. C’est Mesrine contre le pouvoir, sous toutes ses formes. C’est une cause perdue d’avance mais l’orgueilleux qu’il est ne fera plus marche arrière, même lâché par ses soutiens les plus fidèles (Besse). Son dernier compagnon de route, Charlie Bauer, révolutionnaire, anarchiste, en guerre contre les QHS (excellent Gérard Lanvin) ou sa dernière femme, Sylvia Jeanjacquot (celle-là même qui a médicocrement tenté de faire interdire ce film, incarnée ici par Ludivine Sagnier) ne pourront le ramener à la raison.
Et la fin de Mesrine semblera alors inexorable, fatale, un destin que lui-même va prédire s’en rien faire pour tenter de l’enrayer. Au contraire. La fin du film dépeint la résurgence de sa face sombre par l’enchaînement d’actes barbares ou empreints d’inhumanité. On est saisi d’effroi ou d’indignation, mais le personnage ne fait pas de concession. Un besoin d’assumer sa criminalité jusqu’au bout, comme il le dira de façon posthume, par le biais d’une cassette-testament à destination de sa dernière compagne. Mesrine aura mise en scène sa vie jusqu’au bout… jusqu’à sa propre mort, pour créer sa légende. Il avait compris que les mythes (Marylin, JFK, James Dean, ou dans son registre Bonot) naissent dans la violence ou par une fin tragique.
Et on en reviendra, pour la dernière fois à cette fameuse journée du 2 novembre 1979, que Jean-François Richet aura l’habilité de nous faire revivre dans un autre axe. On vivait la scène du côté de Mesrine et Jeanjacquot à l’ouverture du film, on passera, de façon palpitante, du côté des flics planqués pour la conclusion, retenant son souffle devant une scène dont on connaît pourtant sur le bout des doigts l’échéance macabre. On pourrait épiloguer sur la polémique que le film alimente une nouvelle fois en montrant noir sur blanc que les tireurs d'élite mandatés ont abattu le dangereux - car trop médiatique - personnage sans sommation aucune, mais là n'est pas l'essentiel.
L'essentiel, c'est que c'est à ce moment précis que commence la légende. Et les instigateurs de cette œuvre cinématographiques inoubliable, qui se défendait de vouloir faire de Mesrine un héros qu’il n’était parait-il pas (comme il y a trente ans, la moitié de la France n’est toujours pas d’accord avec cette affirmation) le montreront en très gros plan, visage affaissé, cheveux et barbe ensanglantés, impérial et légendaire comme un Che Guevara au bout du combat, ou un Christ crucifié… ressuscité par le film de Jean-François Richet
20/11/2008

Retrouvez des infos et des galeries sur le film en visitant :
www.mesrine-lefilm.com
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