- par Jérôme CASSÉ -
- Musicien, magicien ou comédien ? -A cette question la seule réponse qui convienne est : « les trois mon capitaine ! ». Car ne garder qu’un seul de ces qualificatif pour définir Khalid K serait lui faire offense. Le spectacle qu’il fait tourner en ce moment en est la preuve la plus brillante. Avec Le Tour Du Monde En 80 Voix, titre évocateur, Khalid réussit des prouesses. Pas seulement par sa capacité à émettre des sons venus d’ailleurs, mais plutôt dans son habileté à nous transporter dans son univers. L'artiste propose une heure de plongée abyssale dans son imaginaire. Sans élément de décor, sans costume, sans aucun maquillage, mais seulement avec quelques accessoires et surtout en jouant avec divers sons, Khalid K fait travailler également l'imagination du spectateur. Le Tour du Monde en 80 Jours ce sont plusieurs spectacles en un. Autant qu’il y a de gens dans la salle pour le voir, car chaque spectateur le réinvente avec son propre imaginaire. - Quelques gadgets pour moyen de transport -Le voyage commence doucement. Khalid K entre en scène, propre sur lui, tel un comédien de One Man Show. Pas un mot, rien. Il n’y en aura aucun durant une heure. Il déambule nerveusement avant de faire l’inventaire de sa valise, puis décide de s’en servir comme siège tout en faisant face à un micro. A ses pieds deux pédales, gadgets indispensables, véritables instruments au service du chef d’orchestre qu’il s’apprête à devenir. Ça y est! C’est le début du voyage. Le magicien des sons joue de son talent, comme un enfant qui construirait son terrain de jeu avec ses jouets pour se raconter ensuite une histoire formidable. C'est ainsi que Khalid K en assemble petit-à-petit les chapitres, pour nous la conter en douceur. Au fur et à mesure que les sons se multiplient, enregistrés puis répétés par ses machines, un univers se crée, magique, poétique et drôle. - Voyage au bout de l’imagination -La force du spectacle vient justement de l’absence de décor et de costumes. Les sons, parfois musiques ou simples onomatopées, ne sont là que pour nous mettre sur la piste, nous guider dans ce voyage. On entend des beuglements de vaches, des bruits de cloches, un chien qui aboie, un homme qui crie pour mener son troupeau. Nous voilà à flanc de montagne. Le décor est ainsi planté, ou presque. A moi, spectateur lambda, d’y voir une belle journée d’été, un ciel ensoleillé où flottent quelques nuages blancs et de sentir une brise fraîche dans les cheveux. Mais ce n’est pas fini, car nous voilà ensuite en bord de mer, invité par le phrasé jazz d'un saxophoniste, bientôt rejoint par un orchestre qui se transforme en ville, avec ses bruits, ses fracas. On s'éloigne encore et nous voilà en plein Far West, à la rencontre d’indiens scalpeurs et de cow-boys à la détente facile. Et ainsi de suite... Mais à quoi bon vous dresser un guide de voyage du spectacle, autant le vivre vous même. Toute la beauté de ce Tour Du Monde En 80 Voix tient à sa capacité à nous emmener dans un univers à réinventer. Libre à nous d’en dessiner, peindre ou colorier le décor et les personnages. C’est tout simplement jouissif. Pour ceux qui penseraient manquer d’imagination, aucun doute que Khalid K saura vous mettra dans les meilleures conditions pour profiter d’un voyage qui, décidément, vous emmènera dans des contrées que vous ne verrez nulle part ailleurs
![]() - minimaliste mais plus que jamais poetique -
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