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AFFAIRE JEAN SARKOZY
le retour de la monarchie ?

 

 

-la controverse autour de l'élection annoncée du fils du Président à la tête de l’EPAD ne désenfle pas

Le fils (non diplômé) du Président de la République peut-il gérer le premier quartier d’affaire européen? La question fait polémique depuis l’annonce de la candidature de Jean Sarkozy à la direction de l’Établissement Pour l'Aménagement de la région de la Défense (EPAD). La solidarité UMP s’étiole tandis que la gauche crie au népotisme. Âge du candidat ? 23 ans. Cursus : Il est en deuxième année de droit. Nom ? Sarkozy. De quoi révolter une partie de la population, d'autant plus que l'EPAD représente 150 000 travailleurs, 20 000 habitants et 2500 entreprises...

20/10/2009 >> accueil

- par Julie POLIZZI -

- L’EPAD: centre névralgique d'AFFAIRES -

Total, EDF, Société Générale, les plus importantes entreprises françaises ont une tour à la Défense, premier quartier d’affaire européen, dont les 3 350 000 m² de bureaux s’étendent sur 160 hectares, à l’ouest de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

L’Établissement Pour l’Aménagement de la région de la Défense -l’EPAD- aménage ce vaste territoire pour le compte de l’État et des collectivités locales. Il effectue les études préliminaires d’urbanisme, réalise les travaux d’infrastructure indispensables, puis vend aux investisseurs un droit de construire. Autrement dit, l’EPAD décide quelle entreprise peut s’installer à la Défense et à quel endroit.

A l’horizon 2010, ce géant des affaires fusionnera avec l’Établissement Public d’Aménagement Seine-Arche, l’EPASA, pour créer l’EPADSA. L’objectif avoué est de modeler un des territoires majeurs du Grand Paris projeté par le chef de l’État. Le nouveau périmètre d’action s’étendra sur les communes de Puteaux, Courbevoie, Nanterre et La Garenne-Colombes. Pour le futur président de l’établissement public, c’est la perspective d’un pouvoir déterminant dans la future construction d’une mégalopole des affaires.

- CHAISES MUSICALES -

Pour l’heure, l’EPAD a son propre président, Patrick Devedjian. Celui-ci a été élu par un conseil d’administration paritaire : 9 représentants de l’État et autant des collectivités locales, dont un siège pour le conseil général des Hauts-de-Seine, en la personne d’Hervé Marseille.

Une limite d’âge fixée à 65 ans contraint cependant P. Devedjian à la démission. Dans la perspective de la fusion des deux établissements publics, un projet de décret pour déroger à cette limite d’âge a longtemps été d'actualité, mais le texte définitif n’en fait plus mention… Le 4 décembre prochain, un membre du conseil d’administration sera donc élu par ses pairs à la présidence de l’EPAD.

Hervé Marseille, a lui, été nommé, par un heureux "hasard", au conseil économique et social, par décret du Président de la République, le 15 juillet dernier. Son siège est désormais vacant… Fin octobre, le conseil général des Hauts-de-Seine devra donc choisir son remplaçant.

- architecture d'une POLÉMIQUE -

C’est dans ce contexte de chaises musicales que Jean Sarkozy, lui-même membre du conseil général, présente sa candidature au poste d’administrateur libéré par Mr. Marseille, afin de pouvoir ensuite briguer la présidence en décembre.

L’annonce fait très vite scandale. Sur France Info, Arnaud Montebourg dénonce « la reconstitution du système aristocratique. » Pour Pascal Buchet (PS) contacté par téléphone « c’est une insulte à la jeunesse » Ce conseiller général des Hauts-de-Seine désigne l’attitude effacée du jeune Sarkozy, lors des réunions. « C’est un amateur » commente-t-il, alors que le poste qu’il convoite « nécessite d’avoir de la bouteille, de l’expérience » Sur Internet, une pétition contre cette candidature a réuni plus de 43 000 signatures en quelques jours.

La raison de cette "chasse à l’homme" ? Le nom du postulant bien sûr, mais aussi son jeune âge (à peine 23 ans) et son manque manifeste de qualifications (Jean Sarkozy est seulement en deuxième année de droit). Le père du candidat a relancé involontairement la polémique lors de l’annonce de la réforme du lycée, ce mardi 13 octobre: « Désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur ». Du pain béni pour ses détracteurs…

- L’UMP GAGNÉ PAR LE SCEPTICISME -

D’abord unis autour du jeune Sarkozy, qui rappelle tant, de par sa diction et son culot, son Président de père, les politiques du parti majoritaire commencent à se diviser. D’un côté le discours républicain : « c’est une élection pas une nomination », explique Thierry Solère, joint par téléphone. Pour ce conseiller général UMP des Hauts-de-Seine, « c’est la démocratie ». Il se félicite même de cette candidature, désignant Jean Sarkozy comme « une personne très compétente ». Yves Menel, également membre du conseil général des Hauts-de-Seine, surenchérit : « Je le connais depuis deux ans, nous explique-t-il, et c’est un bon, il est bluffant. C’est surprenant de voir tant de responsabilités à cet âge, reconnaît-il, mais il a les qualités nécessaires ».

Pourtant, cet avis ne fait plus consensus au sein du parti. Pascal Buchet confie qu’il « connaît plusieurs jeunes UMP qui sont dégoûtés, mais n’osent pas s’exprimer publiquement ». D’autres si. A Neuilly-sur-Seine, fief sarkozyste, le maire Jean-Christophe Fromantin a déclaré sur Europe 1 qu’« on ne doit pas prendre le risque de ne pas prendre le meilleur ». A demi mots : Jean Sarkozy n’a pas l’étoffe nécessaire. Sur TV5, Rama Yade s’est montrée plus directe : « Il ne faut pas donner le sentiment qu'il y aurait une coupure entre les élites qui se protègeraient et les petits ».

Malgré tout, le candidat s’accroche et compte mettre fin aux doutes « sur le terrain des idées, sur le terrain du projet » (interview donnée au Point). Fin octobre le Conseil Général des Hauts-de-Seine choisira son représentant au conseil d’administration de l’EPAD. Si Jean Sarkozy l’emporte, il pourra postuler comme président. Rien ne l’empêchera plus de se présenter pour diriger le nouvel organisme de l’EPADSA, lors de la fusion en 2010. Le véritable objectif serait alors atteint 20/10/2009

 

- l'epad, un organisme mal connu qui vient
de fêter ses 50 ans -

 

 

 

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