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Neo in Mexico

 

 

-Sleep Dealer
La Fabrique de Films - 1h30

De : Alex Rivera - Avec : Luis Fernando Pena, Leonor Varela, Jacob Vergas...

La sortie en salle d’un film mexicain n’est pas un évènement souvent relayé par les médias d'autant plus s'il s'agit d'un film de science-fiction. Sleep Dealer, premier long métrage du réalisateur Alex Rivera est pourtant digne d'intérêt. Loin de vouloir rivaliser avec les superproductions hollywoodiennes, le film a l'intelligence et le charme inimitable du film indépendant, avec toute l'inventivité qui va de pair.

EN SALLE le 10/12/2008
>> accueil

- par Jérôme CASSÉ -

 

 

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- protectionnisme et immigration -

Dans un monde désormais transformé en succursale des Etats-Unis, c’est le «rêve américain» à distance tel que le gouvernement US actuel le voudrait. Des frontières au sud cadenassées, fortifiées, sécurisées et infranchissables pour toute personne ayant un accent latino, mais la possibilité de disposer à distance, pour les américains, d’une main d’œuvre zélée et peu coûteuse. Tout ça bien sûr sans avoir à se soucier, pour le gouvernement, des problèmes de logement et d'intégration sociale qu’une population immigrée implique.

Dans Sleep Dealer, l’eau est devenue, tels que certains le prédisent aujourd’hui dans un avenir proche, une denrée très rare, propriété des Etats les plus riches, vendue au litre aux populations les plus nécessiteuses. Au-delà de la situation américano-mexicaine, Rivera met le doigt sur un phénomène de protectionnisme à outrance que semble développer nos sociétés occidentales. Comme d’autres avant lui, le jeune réalisateur utilise le film de science-fiction comme un signal d’alarme, mais sans la volonté d’être alarmiste.

- simplicite et poesie -

A défaut de bénéficier d'un budget colossal qui lui aurait sans doute permis une débauche d’effets spéciaux, Alex Rivera joue plutôt sur la singularité de l’atmosphère du film et sur celle de ses personnages. Issu d’une modeste famille de paysans mexicains, Memo, le héros, est à des années lumières des flics torturés de Blade Runner ou Minority Report. Simple, aspirant seulement à une vie meilleure, il est plus proche du gratte-papier de Brazil de Terry Gilliam, tout comme l'atmosphère générale du film, en moins loufoque cependant. Sleep Dealer dépeint le futur en jouant sur les changements sociaux les plus marquants : protectionnisme occidental exacerbé, éradication de l’immigration sociale, popularisation du militarisme ultra sécuritaire, épuisement des denrées naturelles et exploitation commerciale et inégalitaire de celles-ci.

Malgré ce constat désastreux, il règne dans ce film une incroyable sensation de quiétude. L’absence de scènes d’actions et l’interprétation de Luis Fernando Pena dans le rôle de Memo en sont certainement les causes principales. Car si l’aspect artisanal du film dégage une certaine naïveté, le personnage principal n’en est assurément pas dénué non plus.

Ainsi, à travers le regard de son héros, Rivera réussit la prouesse d’insuffler de la poésie et de la candeur dans un monde pourtant à l’agonie, qu’il dépeint sans complaisance. Il fait de ces personnages des symboles d’humanité qu’on pourrait croire oubliés. Quand un autochtone raconte son pays, la vision qu’on en avait, souvent calquée sur l’imagerie collective, semble soudainement bien fade et formatée. Sleep Dealer, sans être un OVNI complexe, démontre la capacité du cinéma mexicain à générer des cinéastes à la sensibilité peu commune. L’occasion pour tous de s’en convaincrefin10/12/2008

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- l'amour existe toujours, ouf ! -

 

 

 

 

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