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amour triangulaire

 

 

-Two Lovers
Wild Bunch Distribution - 1h50

De : James Gray - Avec : Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw...

Le réalisateur du très remarqué La Nuit Nous Appartient est de nouveau sur les écrans. pas de polar cette fois-ci, mais un film traitant d’amour, sans pour autant être un film à l'eau de rose. Compliqué ? Oui. Complexe même, mais les plus belles histoires d'amour ne le sont-elles pas?…

   
dans les salles le 19/11/2008
>> accueil

- par Jérôme Cassé-

 

En seulement trois films, James Gray s’est forgé une solide réputation de scénariste et de réalisateur au niveau international. Pour preuve le polar La Nuit Nous Appartient présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2007. Habitué à plonger les personnages qu’il met en scène dans la violence et la dureté du milieu mafieux new-yorkais (Little Odessa et La Nuit Nous Appartient) ou encore à les faire prendre pour cible par de dangereux criminels (The Yards), James Gray n’est pas ce qu’on peut appeler un spécialiste des drames sentimentaux. Mais, après tout, pourquoi ne pas s’essayer au genre? Même si l'exercice parait peu évident, tant il y est difficile de se renouveler.

- Dostoïevski, allen et James -

Lorsqu'on parle de comédie sentimentale dramatique, on pense tout de suite au maître du genre, le très joyeux Woody Allen. Le premier point commun qu’a James Gray avec ce dernier est la source d’inspiration trouvée pour la réalisation de Two Lovers : Dostoïevski. Allen fait de Crimes Et Châtiments une adaptation moderne avec le superbe Match Point (2005), tandis que James s’inspire d’une nouvelle de l’auteur intitulé Les Nuits Blanches, racontant l’histoire d’un homme tiraillé entre un amour platonique et une véritable obsession pour une femme rencontrée dans la rue. Voilà le seul point commun des deux réalisations et la dernière comparaison qu’en j’en ferai. Car si la trame de Two Lovers rappelle celle de films de Woody Allen, elle n’en a pas la force. Toutefois, ceux que le réalisateur new yorkais exaspère y trouveront une nouvelle approche du genre qui saura peut-être les séduire..

- Je t’aime, moi non plus - 

Joaquin Phoenix interprète un homme développant des attitudes amoureuses paradoxales. Fraîchement largué par sa fiancée à cause d’un trouble psychique censé pouvoir nuire à leurs future progéniture, c'est un jeune trentenaire qui a trouvé refuge chez ses parents. De tendance suicidaire, mais pas suffisamment courageux au point de passer à l'acte, c’est un paumé sur qui le sort s’acharne par le biais de deux rencontres. La première est celle d'une jeune femme, juive comme lui (Vinessa Shaw), présentée par des amis de ses parents. Jolie, souriante, polie, bien sous tous rapports. La deuxième est son opposé. Fille de bonne famille déchue, sentimentalement instable (Gwyneth Paltrow). Il fait sa connaissance dans son couloir d’immeuble, puisqu’elle n’est autre que sa voisine.

Le problème est le suivant : il s’éprend follement de la seconde tout en ayant une relation avec la première, qui tombe amoureuse de lui. Mais la voisine tant convoitée lui donne rapidement le rôle de confident et il apprend bientôt qu'elle est éprise d'un homme marié. Cruel dilemme n’est-il pas ?

- Tu ne m’attraperas pas ! -

La trame est potentiellement prévisible. C’est le jeu du chat et de la souris, chacun cherchant désespérément à conquérir la personne qui lui est inaccessible. Une sorte de « chaîne alimentaire amoureuse » se crée entre le héros, la blonde (Gwyneth Paltrow), la brune (Vinessa Shaw) et le mari trompeur, dans laquelle évidemment certains vont y laisser des plumes. Malheureusement on sait déjà par avance qui va en laisser le plus, malgré un épilogue qui tente de nous interroger à ce propos : Leonard, notre héros, est-il finalement heureux ? Le trouble s’installe quant à savoir s’il faut y voir un message d’espoir ou de triste résignation. La réponse chacun la trouvera à sa manière, décevante ou satisfaisante selon le cas.

- on reste sur sa faim -

Two Lovers pêche dans son ensemble par une linéarité, que le développement de certaines situations ébauchées aurait permis d'éviter. Le réalisateur a choisi d'axer son film sur la psychologie des personnages, et en particulier celle de Leonard, sans les confronter les unes aux autres. Joaquin Phoenix est parfois exaspérant dans son rôle de trentenaire semi attardé au comportement et à la démarche d’adolescent de quinze ans. Certes cette attitude explique certainement sa manière d’agir, mais finit par devenir lassante. Quant à Gwyneth Paltrow, elle est toujours cette jolie blonde irrésistible que l'on connait tous, mais seulement cela, malheureusement. Toutefois, l’histoire se laisse tranquillement conter, sans provoquer perte d’attention ou baillement et sans effort de concentration. Reste tout de même un sentiment désagréable d’être resté sur sa faim à la venue du générique de cloture

- COMPLICITé MAIS PAS RECIPROCITé -

 

 

 

 

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