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ETAT désuni

 

 

-Mensonges D'Etat
Warner Bros Pictures France - 2h08

De Ridley Scott. Avec Leonardo Di Caprio, Russel Crowe, Mark Strong, ...

A peine un an après le très remarqué et remarquable American Gangster, Ridley Scott nous présente aujourd’hui son nouveau long : Mensonges D’Etat. Avec ce thriller d’espionnage haletant, sur fond de jihad, le réalisateur américain semble s’être lancé un nouveau défi.

en salle le 05/11/2008
>> accueil

- par Jérôme Cassé -

 

Ridley Scott est incontestablement l’une des grandes références du cinéma hollywoodien de ces trente dernières années. On le savait maître en matière de science-fiction avec les biens connus et vénérés Alien et Blade Runner (réalisés respectivement en 1979 et 1982). Il nous avait surpris en 1991 avec un incroyable road-movie prônant la liberté des femmes (Thelma Et Louise) et avait mis tout le monde d’accord neuf ans plus tard avec le spectaculaire peplum Gladiator, raflant au passage les Oscars du Meilleur Film, Meilleur Acteur (pour Russel Crowe), Meilleurs Costumes et Meilleurs Effets Visuels. Et depuis, sa filmographie s'est étoffée d'autres films très remarqués, toujours impeccables de maîtrise, La Chute Du Faucon Noir (2001), Kingdom Of Heaven (avec Orlando Bloom - 2005) ou encore American Gangster (avec Denzel Washington et Russel Crowe - 2007). Avec Mensonges D’Etat (Titre Original : Body Of Lies) son crû 2008, Scott saura-t-il encore nous surprendre ? Réponse immédiate.

- un rythme effréné -

Ce qu'on note d’emblée, avant même d’avoir vu le film, c’est bien sûr la présence de l’acteur fétiche de Ridley Scott : Russel Crowe. Le passé cinématographique que partagent les deux hommes laisse présager encore une fois un agréable moment devant la toile. D'autant plus lorsque son partenaire de jeu n'est autre que Leonardo Di Caprio, toujours plus charismatique, surtout depuis ses collaborations avec Scorcese. Trépigner d’impatience devant une telle affiche est inévitable pour qui connaît le parcours des intéressés.

Comme on pouvait s’y attendre, Scott plonge immédiatement le spectateur dans le feu de l’action, pour ne plus la quitter une seule seconde par la suite. Une présentation succincte, mais efficace, des protagonistes cadre à coup sûr le climat dans lequel évolue notre espion américain, un certain Roger Ferris (Leonardo Di Caprio). Notre homme de l'ombre, dont la mission est de détecter des groupes islamistes terroristes et de les neutraliser, opère en Irak. Il reçoit, sur une ligne téléphonique cryptée (cela va de soi) les instructions de son supérieur (Russel Crowe), un cadre ventripotent de la CIA confortablement basé dans le salon de sa villa de Washington. Le décor est planté.

Ridley Scott nous embarque illico presto dans un thriller haletant où la tension n’est pas progressive mais immédiate. Le Moyen-Orient qu'il dépeint est angoissant. A qui faut-il se fier ? De qui doit-on se méfier ? Echanger quelques mots avecl’homme de la rue peut s'avérer suicidaire. La caméra très mobile de Scott ne lache pas Di Caprio d'une semelle. Elle ne se fixe que lors es moments de palabre où les éléments hors cadre prennent la relève pour ce qui est de maintenir la tension. On s’attend à tout moment à voir débouler quelques islamistes armés prêts à tout, que Ferris se fait fort de combattre. Le rythme ne décélère jamais, ne laissant répit ni aux spectateurs ni aux protagonistes.

- un risque de s'y perdre -

Si le fait d’être sans arrêt sur le qui-vive réussit le pari de maintenir le spectateur hors d’haleine, il a aussi le défaut d’être épuisant car il mobilise sans arrêt sa concentration. L'effort intellectuel est ici obligatoire, car ne vous y trompez pas, Mensonges D’Etat est avant tout un thriller psychologique et ne laisse, finalement, que très peu de place aux scènes d’action pure (dans ce registre, ce ne sont d'ailleurs pas les plus marquantes du réalisateur). Il s’agit bien ici d’un duel psychologique et d'une guerre des nerfs auxquels se livrent la CIA (dont ses propres membres entre eux) et les services secrets Jordaniens. Toutefois es ambitions, motivations et objectifs de chacun tendent à embrouiller l’intrigue, manifestement très complexe. Mais comment pouvait-il en être autrement dans la description de la vie d’un espion américain au Moyen-Orient ? A ceux qui penseraient que le monde est composé de gentils et de méchants, Mensonges D’Etat pourra prouver le contraire. Sont-ils encore nombreux cependant ?

Techniquement, le film est irréprochable. L’ambiance et la réalisation de Ridley Scott sont comparables à ce qu’il avait su développer dans La Chute Du Faucon Noir : tension, nervosité, suspens. Mensonges D’Etat est un thriller manifestement réussi dans son genre. Si vous vous laissez tenter, pensez tout de même à ne pas y aller dans un état de fatigue avancée, au risque de décrocher très vite et de ne voir, dans cette succession rythmée d’images, qu’un incompréhensible imbrogliofin02/11/2008

- Di Caprio en totale immersion -

 

Retrouvez des infos sur le film en visitant : www.mensongesdetatlefilm.com

Mensonges D’Etat est adapté du livre Body Of Lies (Une vie de Mensonges) du journaliste américain David Igniatus.

 

 

 

 

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