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LA FORCE, du côté obscur

 

 

-Mesrine L'Instinct De Mort
Pathé Distribution - 1h53

Réalisation : Jean-François Richet - Avec : Vincent Cassel, Gilles Lellouche, Gérard Depardieu, Cécile De France, Roy Dupuis.,

Depuis les premiers pas de l’aventure Culturclub, en mai dernier, nous attendions le film qui déclencherait chez nous un enthousiasme tel que nous lui attribuerions sans hésiter la notation maximale de notre classement. Allions nous attendre 6 mois, 1 an, 2, 3… ? Finalement, il n’aura fallu que 5 mois pour que ce moment arrive. 150 jours et quelques poussières, pour trouver « notre » première perle. Soyons honnête, notre choix n’a rien d’original tant ceux qui ont déjà vu Mesrine L’Instinct De Mort, premier volet d’un mémorable diptyque, sont unanimes. Mais c’est sans rechigner que nous nous joignons à ce concert de louanges. Fermez vos verrous à double tour, Mesrine is back !

en SALLE le 22/10/2008
>> accueil

- par Gert-Peter BRUCH -

 

- une violence à glacer le sang - 

Puis tout s’accélère. Virée En Espagne. Mesrine, déjà homme à femmes, y rencontre Sofia (Elena Anaya) et l’épouse bientôt. Ils auront trois enfants. Il tente à nouveau de se ranger après être passé une première fois par la case prison, mais la société ne veut déjà plus de lui. Son sentiment d’injustice devient ressentiment, puis haine. Sa violence de squale sanguinaire éclate alors au grand jour. Il met à mort un maquereau qui a osé levé la main sur son initiatrice aux plaisirs de la chair (Florence Thomassin). La scène glace le sang. Il est incontrôlable.

Dans la foulée, Jean-François Richet le dépeint terrorisant sa femme dans un épisode atroce et peu glorieux, auquel assistent malencontreusement ses enfants. Le véritable fils du gangster, Bruno Mesrine, magicien et gardien du temple, ayant été consulté pour les films, on se dit qu’il n’aurait pas laissé passer la scène si celle-ci avait été fausse. Elle n’en est que plus importante pour le but que les instigateurs du projet se sont fixés : ne pas faire de Mesrine le héros qu’il n’était pas et empêcher le spectateur de s’identifier totalement au personnage. Objectif réussi.

- envergure internationale - 

Libéré du carcan familial (sa femme s’enfuit et il place ses enfants chez ses parents) Mesrine poursuit son ascension. Il aime trop les femmes pour mener une vie de célibat. Jeanne Schneider son amante (impressionnante et méconnaissable Cécile De France), rencontrée dans un bar, devient alors sa complice active, sa partenaire. Voilà sa conception du couple idéal. Inquiétés en France, les amants maudits s’envolent pour le Canada. En franchissant l’océan, Mesrine L’Instinct De Mort part en terrain inconnu relever un nouveau défi et change de statut. On passe du polar français de qualité à tout autre chose : un long métrage puissant d’envergure internationale, qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs d’outre-atlantique. Allez voir le film un peigne en poche car ça va décoiffer.

Mesrine change lui aussi de statut et c’est au Québec, en passant par les Etats-Unis, qu’il devient une véritable star du banditisme. Il y sera l’ennemi numéro un local bien avant de le devenir dans l’hexagone. Cette période somme toute peu connue du grand public est passionnante et brillamment mise en scène. Le souci d’authenticité apporte un réalisme vivifiant qui se démarque des exagérations navrantes d’une bonne partie des productions américaines, ce qui n’exclut pas les moments de bravoure qui font palpiter le cœur et scotchent au fauteuil. On en sort surpris, pris de court, ébahi. Quel parcours hallucinant et quelle retranscription !

- du bandit au guerrier -

Extradé avec Jeanne des Etats-Unis vers le Québec, sous l’œil des caméras de l’époque, Mesrine est envoyé au pénitencier haute sécurité de Saint-Vincent de Paul, destiné aux criminels les plus endurcis du continent nord-américain. Il va y achever sa formation. Les séquences qui s’ensuivent ne sont pas sans rappeler celles mémorables du film Papillon, au bagne de Cayenne. Vincent Cassel, dont la transformation physique n’a cessé d’évoluer depuis le début du film, n’est plus le jeune bandit des débuts. L’homme est plus épais, dans tous les sens du terme. Plus déterminé, plus jusqu’au-boutiste, aussi froid dans l’action qu’il est chaleureux au quotidien. L’expérience, à laquelle il aurait pu ne pas survivre, va toutefois le marquer au fer rouge. Cassel, toujours aussi impliqué, restitue cette redoutable phase initiatique avec toute la puissance de son talent d’acteur. D’où tire t-il la souffrance dévastatrice de cet homme tant redouté, que des bourreaux d’une « unité spéciale de correction » aux méthodes de nazis ont décidé de briser?

Condamné à 10 ans, Mesrine ne se voit pas tenir très longtemps dans ce no man’s land aux méthodes expérimentales ultra-trash, réputé inviolable. Son évasion avec le gangster québécois Jean-Paul Mercier (Roy Dupuis), suivi d’un retour spectaculaire qu’il ne faut pas vous dévoiler, est un pur moment d’anthologie. Jacques Mesrine est libre. Tel un jedi perverti par le côté obscur de la force, il vient d’achever sa formation. Jeanne, toujours emprisonnée, ne pourra plus, ne voudra plus le suivre. Plus redoutable que jamais, il reprend du service en duo (pour un temps) avec Mercier. Lorsqu’il quitte le Québec à jamais, le bandit est devenu guerrier. Il est l’Ennemi Public N°1. A suivre absolument le 19 novembre sur vos écrans 20/10/2008

 

- moi tarzan, toi jeanne Schneider -

 

Retrouvez des infos et des galeries sur le film en visitant :
www.mesrine-lefilm.com

 

 

 

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