- par Gert-Peter BRUCH -
Inutile de faire durer le suspens plus longtemps et autant vous le dire de but en blanc, je n’ai pas aimé cet épisode animé de la saga de science-fiction la plus célèbre de l’histoire du cinéma. Je ressens même une sorte de malaise depuis que je l’ai visionnée sur grand écran et les choix de George Lucas et son équipe me laissent pantois. Lucas aurait envie de s’immoler publiquement qu’il ne s’y prendrait pas autrement. La rencontre Indiana Jones / E.T. (je caricature à peine), il y a quelques mois, avait déjà fait vaciller le piédestal sur lequel j’avais placé cet homme, mais cette fois-ci, la statue est déboulonnée… Certains me rétorqueraient sans doute « mais mon vieux, on ne peut pas comparer Clone Wars avec les 6 films en prise de vue réelles de la saga. Il s’agit là d’un des-sin a-ni-mé ». Oui, je m’attends à ce genre de réponse, car je sais les accros de la série assez peu tolérants face aux critiques. Alors il me faut argumenter au plus tôt, sous peine de me voir pourfendu par un sabre laser, même factice. - confusion des genres -Tout d’abord, la frontière, prétendument évidente, entre les deux trilogies et ce film d’animation n’est pas aussi marquée qu’on veut bien le prétendre. D’un coté, les producteurs nous disent qu’il s’agit d’un dessin animé et qu’il faut le dissocier complètement de ce qui a déjà été fait et de l’autre ce film nous est tout de même présenté comme le nouveau Star Wars. Mais la confusion ne fait que commencer. Certes, les personnages principaux ne ressemblent pour la plupart pas aux acteurs de la saga, mais les décors, les animations, les effet visuels et sonores sont copies conformes (en un peu moins « fouillé » il est vrai) de ceux de la série. Les voix des personnages sèment, elles aussi, le trouble. Celle du héros de la seconde trilogie, Anakin Skywalker, prêtée par Matt Lanter, ne rappelle en rien celle de Hayden Christensen, mais ce n’est pas le cas des autres. Il est évident que les doubleurs ont été choisis en fonction de la similitude de leur timbre vocal avec celui des acteurs des films en prises de vue réelles. La preuve en est que 3 personnages majeurs se voient même gratifiés de leur « vraie » voix : Mace Windu (Samuel L. Jackson), le Comte Duku (Christopher Lee) et C-3PO (Anthony Daniels). Peut-être pas la meilleure façon de prouver qu’on veut vraiment se démarquer des deux trilogies. Et c’est là que cela pose problème. Le choix n’est pas tranché et plus le film avance, plus la confusion devient grande. Que regarde-t-on ? Un dessin animé destiné à un très jeune public ou un véritable épisode de Star Wars, conçu pour un public à priori plus âgé ? Malheureusement, en voulant jouer sur ces deux tableaux incompatibles, Clone Wars prend des allures de pastiche. Alors, ce qui est d’abord déroutant, devient vite irritant. - une animation qui ne fait pas l’unanimité - Le graphisme n’est d’ailleurs pas là pour arranger les choses. Inspiré de celui d’une précédente mini série d’animation sur la Guerre Des Clones (diffusée en 2004-2005 sur la chaîne américaine Cartoon Network), mais relifté façon 3D, il est pour le moins douteux. Rien à dire sur les décors, les vaisseaux, les robots etc.. . Le contraste en est d’autant plus violent car se sont les personnages principaux qui font défaut. Un comble ! Anakin à l’air d’un ado sans charisme ni consistance, Obi-Wan Kenobi d’un Big-Jim mal articulé et Yoda d’une fraise des bois bourgeonnante complètement fripée… De façon inexpliquée, certains personnages, tel Mace Windu, sont eux graphiquement fidèles aux acteurs. Une fois encore le choix n’est pas clairement tranché. On en vient à se demander si les gars du département animation de Lucasfilm n’ont pas conceptualisés les personnages sous l’emprise de drogues de synthèses, de celles que l’on trouve sur les planètes du système Dagoba. Les amateurs de jeux vidéos du début des années 1990 vont peut-être aimer, tant pis pour les autres. Les personnages de Star Wars méritaient mieux qu’un graphisme déjà daté, dont on perçoit tout de suite qu’il va très mal vieillir. Leur design est parait-il inspiré de la Série de marionnettes Thunderbirds (tourné dans les « sixties »). Drôle d’idée lorsqu’on se souvient de ces étranges protagonistes figés, aux antipodes, justement, d’une animation digne de ce nom. Lucas tente de justifier son choix: « il n’était pas question de donner dans le photo réalisme. Nous avons cherché à utiliser le langage de l’animation, et donc à penser les choses différemment. C’est une autre manière de raconter des histoires, loin des contraintes du cinéma traditionnel ». Eh bien moi, une approche réaliste, proche de celle de Beowulf par exemple, ne m’aurait pas du tout dérangé. ![]() - ANAKIN SKYWALKER et sa jeune Padawan -
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