- par Jérôme CASSÉ -
- Hollywood again and again -Quatre ans après Gothika, revoilà « Kasso » plongé dans le système hollywoodien en tant que réalisateur, puisqu’il a profité de ce laps de temps pour jouer notamment dans Munich (aux commandes, son mentor Steven Spielberg). Avec un budget de 60 millions de dollars et en vedette le sculptural (mais peu loquace) Vin Diesel, Babylon A.D est donc le second « blockbuster » du réalisateur français. Les enjeux étaient importants : adapter un roman de science-fiction au grand écran, qui plus est lorsqu’il est issu de l’œuvre du Canadien Maurice G. Dantec, relève toujours du défi. La trame de Babylon Babies est très fouillée et bourrée de flashbacks explicatifs, ce roman nécessitait certainement une adaptation scénaristique plus recherchée et bien moins morne que celle de Mathieu Kassovitz et d’Eric Besnard, son complice sur ce projet.. - La trame de Babylon A.D - Ceux-ci ont quand même gardé le pitch originel : dans un futur pas si lointain, on découvre une Terre en proie à une violence rare, sans buts, sans repères. Un mercenaire usé par la guerre est chargé d’escorter une mystérieuse jeune femme et sa tutrice d’Europe de l’Est jusqu’à New York. Au fur et à mesure que le film avance, on apprend que cette jeune femme est censée sauver notre monde de l’apocalypse. - des personnages sans consistance - Les amateurs du genre auraient pu se laisser embarquer mais, malheureusement, Babylon A.D pêche par la sous-exploitation de ses personnages. Aurora, l’espoir de l’humanité, ne révèle aucun mystère, ni dans la façon dont elle est mise en scène ni dans le jeu d’actrice de Mélanie Thierry. Vin Diesel, dans le rôle du baraqué mercenaire, paraît vide de motivation et d’envie, et semble même attendre avec impatience la fin du film. Même les ennemis de nos trois héros n’ont pas droit au traitement qu’ils mériteraient. L’histoire ne fait que survoler leurs motivations profondes (conquérir le monde, d’accord, mais encore... ?). On aurait également voulu en savoir davantage sur leurs parcours troubles et sombres, mais là encore on restera sur sa faim. La fin du film n’est pas exclue de cette approche bâclée et elle parvient au pire moment, lorsque l’on s’attend, enfin, à un peu de profondeur et surtout à ce que l’histoire trouve un sens. Peut être l’intrigue aurait elle moins souffert si les studios n’avaient pas pris le parti de la compresser dans l’étau de sa courte durée (1h41mn). - French Connection - Bien que principalement Hollywoodienne, cette production a tout de même la particularité d’être ponctuée d’une certaine « French Touch » (pas du meilleur cru cependant). Si dans Gothika Kassovitz avait respecté à la lettre les codes de l’industrie cinématographique US, ne se laissant alors quasiment aucune marge de manœuvre personnelle, il a su, avec Babylon A.D, montrer une certaine force de conviction et ainsi imposer une manière, à la française, de concevoir le cinéma. Cependant, et c’est là que c’est dommage, Kassovitz n’a pas usé de SA griffe personnelle, mais plutôt de celle d’un cinéma à la Luc Besson Production, version Taxi ou Le Transporteur. Ainsi les scènes d’action et celles qui les précèdent sont-elles filmées sans style propre, si ce n’est celui de porter la caméra sur des effets pompeux et sans intérêt. On filme l’objet plutôt que le personnage et on espère qu’il s’en dégagera quelque chose (la crainte, le désir, l’oppression peut-être ??). Il ne faudrait pourtant pas oublier que ce sont les acteurs qui jouent et qu’eux seuls peuvent donner de l’intérêt à un objet. Et non l’inverse. J’en veux pour preuve cette pré-séquence de grosse fusillade vers la fin du film où Kassovitz s’intéresse plus aux grosses cylindrées des méchants ou à leurs casques de moto plutôt qu’à eux-mêmes. Enfin ce ne sont pas les brèves et inconsistantes prestations des « frenchies » Lambert Wilson, Gérard Depardieu, Charlotte Rampling (la plus française des actrices anglaises) et encore moins des Yamakasi (eh oui on dirait du Besson vous dis-je), qui redonneront du mordant à cette œuvre plutôt bâclée et assez insipide. Ô Mathieu on ne saurait assez te conseiller de ne plus te laisser tenter par le chant des sirènes hollywoodiennes et de reprendre ainsi le chemin qui semblait te mener à bon port
![]() - Vin DIESEL et Michelle YEOH -
Retrouvez des infos sur le film en visitant : www.babylonad-lefilm.com
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