- par Jérôme CASSE -
- RACONTER LES CHOSE DE LA VIE? OUI, MAIS... -Comme beaucoup de réalisateurs avant lui, français notamment, Rémi Bezançon aime filmer les choses de la vie, celles qui touchent, émeuvent, font peur, pleurer ou rire. Dans son précédent et premier film, Ma vie en l’air, il racontait l’histoire d’un instructeur d’une compagnie aérienne chargé d’évaluer les pilotes sur des simulateurs de vols en conditions extrêmes. Petit bémol, cet instructeur (incarné par Vincent Elbaz) avait une peur panique de l’avion. Avec ce film Rémi Bezançon trouvait le moyen d’évoquer et peut-être aussi d’affronter sa propre angoisse. Parler de quelques chose que l’on connaît bien, que l’on vit au quotidien, que l’on subit parfois ou que l’on parvient à maîtriser est certainement plus aisé que de s’aventurer dans des domaines et des contrées inexplorés. Aussi Bezançon a-t-il réitéré avec Le premier jour du reste de ta vie, se concentrant cette fois-ci sur le thème de la famille. Et même s’il ne s’agit pas d’une autobiographie familiale, le réalisateur a tout de même souhaité rendre hommage à la sienne par le biais de ce film. Soit ! Pourtant même s’il est facile de comprendre voire même de louer l’intention du jeune réalisateur à cet égard, il est d’autant moins facile de trouver l’intérêt profond d’un tel film. Explications. - …de quelle manière... -Pour son deuxième essai, Rémi Bezançon a étoffé son casting de quelques références telles que Zabou Breitman et Jacques Gamblin qui accompagnent des jeunes premiers talentueux. Prenez le tout, secouez fort et vous obtenez une famille comme il en existe beaucoup, soient les parents et leurs trois enfants, deux garçons et une fille, habitant dans une grande maison (probablement en région parisienne). L’histoire est traitée et décomposée en cinq chapitres, chacun correspondant à la journée d’un des membres de la famille. Ce jour, différent pour tous, va alors bouleverser le destin de chaque protagoniste, leur intimant l’impression qu’une nouvelle vie commence, d’où le très bien venu titre Le premier jour du reste de ta vie. Il y a de l’idée dans la construction de l’histoire, qui, en plus de se décomposer en chapitre, se déroule en réalité sur douze ans, chaque journée évoquée étant séparée de quelques années. Ainsi l’histoire commence-t-elle dans les années 80 pour se terminer dans le nouveau millénaire. On se dit « pourquoi pas ? », cela va peut-être apporter quelque chose ?! Eh bien non ! Au final, j’ai eu la sensation que la construction de l’histoire n’apportait rien au récit, le banalisant même. La faute à un montage classique et peu aventureux. Le réalisateur ne propose qu’une évolution chronologique consensuelle, sans jeu de mise en scène, de mise en abîme des personnages ou d’effets de tension et/ou suspens. Dommage. On aurait aimé, dans ce cas, un jeu de « flashbacks/flashforwards » qui aurait sans doute pu donner à la narration un rythme moins redondant.
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